Phytohormones

On regroupe sous le nom de phytohormones des plantes dont l’activité oestrogénique ou progestative est semblable à celle des oestrogènes et de la progestérone: elles miment l’action des hormones sexuelles humaines. Elles sont présentes dans les fruits, les légumes, les céréales et légumineuses.
On les trouve aussi sous forme de compléments alimentaires : soja, yam.
Les phyto-oestrogènes
Ce sont des substances naturelles appartenant à la classe des polyphénois, présents dans plus de 300 espèces de plantes. Les isoflavones (un des polyphénois) sont naturellement présentes dans les légumes, fruits et fibres. La dose moyenne de soja à consommer est de 35 g par jour.

Ces molécules présentent une homologie structurelle avec les oestrogènes naturels de la femme et, comme elles peuvent se fixer sur les récepteurs des oestrogènes, elles entrent en compétition avec les oestrogènes naturels ou synthétiques.

Malheureusement, ce sont les oestrogènes apportés ou fabriqués en excès qui gagnent la compétition. On peut dire que les phyto-oestrogènes ont un net effet antioestrogène en préménopause et un faible effet pro-œstrogène en postménopause.

C’est le soja qui contient le plus d’isoflavones (1g de soja est = à 2mgr d’isoflavones) qui ont une action thérapeutique contre les bouffées de chaleur, contre les troubles cardio-vasculaires, contre l’ostéoporose, contre le cancer du sein et de l’utérus.

La consommation d’au moins 5 fruits et légumes chaque jour diminue d’environ 50% les risques du cancer du sein.

Les isoflavones du soja sont une alternative intéressante quand la THS est indésirable et une méthode de choix pour celles qui ont pris des hormones de substitution depuis 5 ans (ce que nous écrivions en 2004) ramenés à 2 – 3 ans en 2008,durée maximale de ce traitement après laquelle les risques mis en évidence par les études récentes deviennent importants.
La phyto-progestérone : le yam
Les extraits de yam miment les effets de la DHEA Parmi les 800 espèces de yam recensées, le dioscorea villosa mexicana contient la plus haute concentration en isoflavones.

Le 28/04/2008 dans la revue Arochives of International Medicine, le Docteur Francine Grodstein et ses collègues de l’école de santé publique de Harvard ont analysé les données du suivi recueillies auprès d’une vaste cohorte de 20.000 infirmières américaines («Nurse Health study») âgées de 30 à 55 ans lorsque le suivi à démarré.

Les auteurs ont retrouvé une augmentation du risque de 39% avec le traitement par les seuls oestrogènes et de 27% lorsque les oestrogènes sont associés à la progestérone. Le risque cardio-vasculaire – infarctus du myocarde et accident vasculaire cérébral – pour les femmes âgées de 50 à 54 ans l’augmentation du risque se traduisait par 2 cas supplémentaires d’AVC pour 10.000 femmes suivant un THS pendant un an.

Plus les oestrogènes conjugués sont élevés plus le risque est accru. Pour le professeur Marie-Germaine Brousser (hôpital Lariboisière à Paris) » les facteurs de risque comme l’âge et la prise d’oestrogènes se potentialisent et, estime que malgré tout un risque majoré d’AVC ne doit pas être une contre indication absolue au THS ».

La situation en France serait moins grave vu que les produits et les doses sont différents de l’étude américaine.