Thérapie Hormonale de Substitution ou THS

La ménopause concerne 2.250.000 femmes en Belgique et 10.200.000 en France.
La théarpie hormonale de substitution a été un grand bond dans la prise en charge médicale des femmes et le signe d’un changement de mentalité.

Enfin, la médecine ne considérait plus comme allant de soi les troubles dont se plaignaient les femmes : il ne s’agissait plus d’une simple question de confort. Aujourd’hui, 25% à 30% des femmes ménopausées ont recours à une thérapie hormonale de substitution. Mais toutes les femmes devraient-elles pour autant y recourir ? Sur quoi agissent les hormones dans la thérapie de substitution ?

Les risques cardiovasculaires
Parmi les causes de mortalité des femmes de plus de 50 ans, on retrouve :
- les maladies cardiovasculaires : 53%
- le cancer du sein : 4%
- autres cancers : 18%
- accidents et suicides : 2%
On note qu’un des principaux risques cardiovasculaires est l’appartenance à une catégorie socioprofessionnelle peu élevée. Le niveau d’instruction a aussi son rôle à jouer, puisque ce sont les femmes qui n’ont pas fait d’études qui ont la plus mauvaise santé par rapport à celles qui sont diplômées. Les femmes qui sont les plus instruites ont un taux de bon cholestérol – le HDL – élevé.
Le stress couplé au manque d’intégration sociale et de contact avec l’entourage dans les classes sociales défavorisées est un facteur important de la maladie coronaire.


Le système vasculaire
  • Les hormones ont sans conteste une action bénéfique sur l’endothélium de la paroi vasculaire. En effet, à la ménopause, se produit normalement une baisse de la résistance et de la pulsatilité des artères utérines et une vasodilatation, donc un élargissement, de l’aorte et des artères coronaires.
  • Les hormones (surtout la progestérone) ont aussi une action sur la lipoprotéine à et donc sur l’athérome (dégénérescence graisseuse de l’intérieur de l’artère).
  • Elles ont une action sur les facteurs hémodynamiques: au cours d’une bouffée de chaleur sont libérées de grandes quantités d’adrénaline et de noradrénaline, les mêmes neuromédiateurs que ceux du stress et de l’excitation sexuelle ; l’adrénaline augmente et la noradrénaline diminue, ce qui amène une vasodilatation périphérique et une vasoconstriction centrale.
    C’est pourquoi une bouffée de chaleur s’accompagne de rougeur (vasodilatation). Enfin, les oestrogènes éviteraient qu’un trop grand flux de calcium ne se dirige vers les parois vasculaires.

    Les hormones et l’ostéoporose
  • La thérapeutique hormonale substitutive agit, principalement par les hormones oestrogènes, sur les cellules formatrices de l’os (ostéoblastes). Elle est efficace pour enrayer la décalcification osseuse (sans pour autant combler le retard accumulé). Toutefois, les taux d’hormones nécessaires sont proches de ceux de la femme jeune en période d’activité génitale, ce qui ne va pas sans faire courir un risque de transformation anormale. Mais il est vrai que, contre toute attente, il n’y a qu’un très faible pourcentage (1,2%) de patientes postméno-pausées qui, alors qu’elles prennent des hormones, perdent plus de 1 % de masse osseuse par an.

  • Les hormones et le cancer du sein
  • Le risque relatif de voir survenir un cancer du sein est incontestablement augmenté, plus ou moins selon le type d’hormones prescrites, passant de 1,25% à 2 (1 étant le risque relatif sans traitement). Le cancer du sein ou un terrain prédisposant est habituellement considéré comme une contre-indication. A quelque titre que ce soit, les hormones ont des effets de promotion du cancer, qu’il s’agisse des oestrogènes ou des substances dérivées, apparentées à la progestérone.
    On connaît d’ailleurs les risques dus à l’hyperoestrogénémie, à l’augmentation anormale des oestrogènes chez la femme dans la grossesse tardive ou en cas de nulliparité. A 75 ans, la femme a 10% de risque d’avoir un cancer du sein. Le dépistage au-delà de 50 ans diminue de 30% la mortalité du cancer du sein.

    Articles du Monde par Paul Benkimoun